La banane en voie d’extinction

Quatrième culture dans le monde après le riz, le blé et le lait, la banane pourrait disparaitre des étals dans les années à venir, la faute à un champignon qui risque de ravager les plantations tout autour du globe.

Pourra-t-on manger à volonté des bananes à l’avenir ? Rien n’est moins sûr, à en croire une étude publiée récemment dans la revue Plos pathogens, confirmant la crainte de nombreux scientifiques : Tropical race 4, variante d’un champignon connu sous le nom de maladie de Panama ou fusariose, pourrait, si elle continue à proliférer, réduire quasiment à néant la production mondiale. La menace apparaît d’autant plus sérieuse que la principale espèce commercialisée, la Cavendish, représentant à elle seule 99% des bananes exportées, s’avère particulièrement menacée par l’infection.

Après avoir fait des ravages pendant une vingtaine d’années dans les plantations du sud-est asiatique, des cas de fusariose ont ainsi été repérés l’an dernier au Mozambique et en Jordanie. Si les géants de l’industrie bananière, comme Dole ou Chiquita, affirment que les plants d’Amérique latine, où se situent les principales zones d’exportation, ne sont pas immédiatement menacés, les experts estiment qu’il ne s’agit que d’une question de temps avant de voir le champignon débarquer. Aucune méthode de traitement n’étant efficace contre Tropical race 4, les dommages s’avéreraient considérables, 80 à 85% des récoltes annuelles risquant de disparaître purement et simplement.

La race Gros Michel exterminée

Un tel phénomène s’est d’ailleurs déjà produit par le passé. Dans les années 40 et 50, la race Gros Michel, alors prépondérante sur les marchés, avait été quasiment annihilée par la maladie de Panama, entrainant son remplacement par la Cavendish, moins savoureuse mais résistante à la première génération du champignon.

Les conséquences d’un déclin de la production pourraient être particulièrement sensibles dans les pays pauvres, qui conservent 85% des fruits produits, où la banane apporte 15 à 27% de l’apport calorique quotidien à 400 millions de personnes, dont plus de 225 millions en Afrique.