Nouveaux animaux de compagnie : avant l’achat, la réflexion s’impose

Comme pour un chien ou un chat, la possession de nouveaux animaux de compagnie (NAC) ne s’improvise pas et nécessite de bien appréhender les contraintes liées à chaque espèce.

Qu’ils soient à plumes ou à écailles, disposent de branchies ou d’une carapace, les NAC, les nouveaux animaux de compagnie, sont devenus depuis la fin des années 80 des membres à part entière de nos foyers. Trop souvent cependant, beaucoup d’entre eux se retrouvent abandonnés en forêt ou au bord d’un étang, la faute à un propriétaire incapable de gérer une espèce dont il n’a pas mesuré les besoins.

DSC_0515Pour Alexandre Lagoutte, expert en NAC basé dans le Bassin minier, lui-même possesseur d’une douzaine de serpents, de tortues, de perroquets et d’un iguane, la réflexion doit être au centre de tout achat. « Il faut prendre le temps de bien se renseigner sur les contraintes auprès de plusieurs personnes, quitte à faire plusieurs animaleries, et faire attention à Internet où on trouve beaucoup de mauvaises infos », explique cet ancien soigneur de Touroparc.

« Connaître l’origine de l’animal »

Face aux risques d’achat impulsif et/ou de faire face à un vendeur peu scrupuleux, Alexandre insiste sur l’importance de poser les bonnes questions. « Il faut essayer de connaître l’origine des animaux, pas seulement de savoir s’ils ont été élevés en captivité ou non. Par exemple, un perroquet peut vivre 60 ans ou plus. Il ne faut pas hésiter à demander si l’animal provient d’un grossiste ou d’un éleveur, de France ou de l’étranger, les pathologies auxquelles on risque de faire face. En tant que client, on est en droit de le demander et dans certains magasins, ils ne le savent pas. »

Elle-même propriétaire de tortues, Corinne, venue faire découvrir jeudi à son fils Lubin, 3 ans et demi, la petite ménagerie d’Alexandre, estime que « lorsqu’on décide d’avoir un animal, il faut se renseigner sur son mode de vie, respecter son rythme et prendre son temps ». Un principe d’autant plus important que l’espèce s’avère dangereuse.

Défenseur de la zoothérapie et de la médiation animale, Alexandre met en avant le respect les règles. Il faut « un local sécurisé dont les NAC ne pourront pas s’échapper, qui garantit la sécurité des personnes et le bien-être des animaux ». À titre d’exemple, un iguane, « espèce très vendue dans les animaleries qu’on achète dans un terrarium » alors qu’il est jeune, « a besoin d’une pièce entière une fois adulte », certains spécimens pouvant atteindre les 1,60 m.

Enfin, pour ceux qui se rendraient compte un peu trop tard qu’ils ne sont pas en mesure de gérer un animal devenu trop grand, « en théorie, une animalerie saura apporter la solution », souligne Alexandre. « Ensuite, il y a des associations d’éleveurs. Et pour une espèce particulière, la DDPP (Direction départementale de protection des populations), les ex-services vétérinaires, référente en matière de NAC, connaît les centres ou les personnes qui peuvent être compétentes. »

Eric PYKO

Article paru dans Le Journal de Saône-et-Loire


Qu’est-ce qu’un NAC ?

De manière générique, le terme NAC désigne tous les animaux hormis le chien et le chat. Plus précisément, l’administration distingue deux catégories : les domestiques et les non domestiques (ou sauvages). Dans le premier cas, les animaux – inscrits au sein d’une liste fixée par arrêté – peuvent être détenus par les particuliers sans autorisation. Y figurent notamment le furet, certains putois, le porc, le chinchilla, certaines races de souris, rats, hamsters, le lapin, le cheval, le cochon d’inde, certains gallinacés (poule, dindon, paon, oie, canard, etc.), certaines perruches, le poisson rouge, la carpe koï, etc.

Dans le second cas, seuls certains animaux peuvent être détenus. Pour cela, ils ne doivent ni être considérés comme dangereux (mygale, crocodile, scorpion…), ni protégés (hérisson, campagnol…) ou ne pas nécessiter de déclaration d’autorisation préalable (colombe, certaines perruches, belette, loutre, certaines tortues…). À noter qu’un animal dangereux ou protégé ne peut être détenu qu’au sein d’un établissement d’élevage. Ce dernier peut toutefois être d’agrément, dans le cas d’un particulier, si le but est non lucratif, mais nécessitera une autorisation réglementaire pour chaque espèce détenue.


Posséder un NAC, distinguer le vrai du faux

On peut ramener chez soi une tortue trouvée dans le sud de la France

Faux

La tortue d’Hermann, seule tortue terrestre de France, que l’on retrouve dans le pourtour méditerranéen, est considérée comme étant en voie d’extinction et fait donc partie de la liste des espèces protégées. Il est donc strictement interdit d’en prélever une à l’état sauvage ou d’acheter un spécimen n’étant pas issu d’un élevage agréé.

Avant d’acheter un animal protégé, il faut une autorisation préfectorale

Vrai

Une autorisation préfectorale est nécessaire si l’animal est protégé ou considéré comme espèce invasive. Les tortues d’Hermann, un daim, un sanglier, certains oiseaux en font par exemple partie. La demande d’autorisation se fait avant l’achat, via un dossier Cerfa (n° 12447). La DDPP (Direction départementale de la protection des populations) étudie ce dossier par rapport aux compétences de la personne et aux conditions de détention. Une animalerie vendant un animal de ce type et vous invitant à renvoyer le certificat en préfecture après coup n’agit donc pas de manière légale. En cas de détention non autorisée, le contrevenant s’expose à un an de prison et 15 000 € d’amende, ainsi qu’à la confiscation de l’animal.

Pour certains NAC, il faut un certificat de capacité

Vrai

Le certificat de capacité, obtenu sur dossier et à la suite d’un entretien avec des professionnels confirmés, est nécessaire pour les animaux dangereux comme la tortue de Floride, l’émeu, les araignées ou grenouilles venimeuses, les carnivores non domestiques de plus de 6 kg, la plupart des caméléons, les primates, si l’on possède plusieurs tortues d’Hermann, etc. Il est également nécessaire pour les personnes ayant une activité d’élevage dans un but lucratif.

Il est possible d’avoir quantité de serpents à son domicile sans aucun contrôle

Faux

Dès lors qu’on possède plus de 10 serpents ou varans de grande taille (supérieur à 3 m une fois adulte), ou plus de 25 petits serpents, un certificat de capacité est nécessaire.