Police municipale : le débat sur les armes revient à l’ordre du jour

Alors que des voix s’élèvent pour réclamer de manière immédiate l’armement des polices municipales, les communes du département préfèrent prendre le temps de la réflexion.

Après le meurtre de Clarissa Jean-Philippe à Montrouge, jeudi, la question de la généralisation d’un armement de poing pour les policiers municipaux est subitement revenue à l’ordre du jour. En Saône-et-Loire, où étaient dénombrés 90 policiers municipaux répartis sur 34 communes en 2012, le débat, épineux, s’est invité au menu des commissions de sécurité des différentes localités concernées, la quasi-totalité des fonctionnaires du département n’étant pas armés.

De manière générale, aucune décision n’a été prise dans un sens ou l’autre, à l’instar de Mâcon, deuxième ville du département en termes d’effectif avec sept policiers municipaux, où Gérard Gronfier, directeur de la tranquillité publique, préfère temporiser. « C’est un débat qui peut avoir lieu, mais il date déjà de 10 ou 15 ans. Cela pose un certain nombre de problèmes. Il ne faut pas se précipiter. Il faut peser le pour et le contre », estime le responsable, qui met en avant la sensibilisation des fonctionnaires locaux « équipés depuis trois ans de gilets pare-balles, d’un bâton de défense et d’une bombe lacrymogène ».

Même son de cloche à Tournus où Christian Bernard, adjoint au maire, indique qu’une réunion sera organisée la semaine prochaine pour trancher. « C’est en réflexion. Équiper les policiers municipaux, ça ne se décide pas à la légère. Ça doit se faire de manière concertée |…]», explique l’élu, en évoquant également la possibilité de doter les équipes de flashballs.

Éviter la surenchère ?

Un dilemme que ne se posera en revanche pas Saint-Marcel, au même titre que d’autres villes ne comptant qu’un ou deux agents. « Les policiers municipaux ne sont pas équipés et ne le seront pas », explique le maire Raymond Burdin. « On n’est pas dans une ville dangereuse. Ici, nous n’avons que de petites incivilités, de petits vols. Je préfère éviter le risque de bavures, sachant que nous sommes secondés par la police nationale », poursuit l’édile qui, comme d’autres, préfère miser sur des systèmes tels que Voisins vigilants ou les caméras de vidéoprotection pour préserver le calme.

Contacté par nos soins, le maire de Chalon-sur-Saône, Gilles Platret, a refusé de s’exprimer sur le sujet. La municipalité, par l’intermédiaire du directeur de cabinet du maire, a toutefois précisé que des mesures devraient être annoncées dans les jours qui viennent (vraisemblablement jeudi au cours d’un point presse) pour les 18 agents municipaux, des gilets pare-balles ayant d’ores et déjà été commandés vendredi.